jeudi 8 mars 2012

Sur les berges du Drac

J'y ai laissé un morceau de moi-même dans cette ville, quelque part entre Bastille et Parc Mistral. J'y ai passé mes premières années d'adulte, celles de la fac ... de biens belles années à vrai dire ! Nous étions jeunes, insouciants, l'avenir nous appartenait, nous refaisions le monde et les années sida étaient encore devant nous.
J'y suis peu revenue depuis ces presque trois décennies mais toujours avec plaisir.
Et voilà qu'en six mois, j'y ai séjourné à deux reprises. Avec un plaisir décuplé parce que désormais, à Grenoble, il y a mon amie.
Moi qui ne suis pas fan des diminutifs, avec elle je suis servie ! Un jour elle m'a appelée Z. Oui. Juste Z. Ça m'a agacée un brin, quelques minutes. Puis, très vite j'ai aimé être "sa" Z parce que je suis fière d'être son amie.Du coup elle est devenue "ma" V. Et je pense que nous aimons, autant l'une que l'autre, ce doux sentiment d'être importante l'une pour l'autre.
Cet après-midi, dans le printemps naissant, nous avons fait une jolie balade sur les berges du Drac.
Nège était était avec nous, manifestement heureuse, humant de sa truffe tantôt tournée vers le ciel, tantôt enfouie dans la terre, les odeurs de la vie qui reprend au sortir de l'hiver. Sa douce meringuette est entrée dans l'automne de sa vie et le traverse sereine, choyée, aimée et toujours vive.
Sa maîtresse sait bien que le livre va bientôt rejoindre l'étagère des souvenirs mais elle fait face, vaillamment, comme le brave petit soldat qu'elle est.
Elle sent que sa bestiole est heureuse et profite de chaque moment qui passe ... En quelques petites foulées Nège rejoint sa maîtresse pour une séance de câlins. Elle savoure tout la bougresse et lorsque leurs regards se croisent s'en dégage une infinie tendresse, tout le bonheur d'une vie de complicité ...
Avec ma V, nous avons parlé de tout, de rien, du temps qui passe, goûtant nous aussi délicieusement à cette belle journée, au plaisir tellement simple d'être juste ensemble.
L'heure de repartir est venue, trop vite ! Nous étions à peine éloignées depuis cinq minutes que chacune manquait déjà à l'autre ...
Nos instants volés n'auront duré que deux heures ... deux petites heures de rien du tout qui resteront gravées dans mon cœur ... Des instants volés mais tellement partagés !

1 commentaire:

  1. Je suis tellement émue de lire ces lignes ma Z(et hop on ressort les mouchoirs), c'est si joliment écrit et ça reflète si bien ce que je ressens également ... Merci à toi d'avoir su capter l'essence même de ces relations mêlées, la nôtre, la mienne avec ma Nège ... Une bien belle balade au rythme du temps qui passe et qui nous amène inexorablement vers la sortie mais les souvenirs seront riches et intenses et les sentiments présents à jamais ...
    Un immense merci pour ces instants volés !

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